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Le blog de Ong-Mat

A l'aide Vespa Velutina (dit le frelon asiatique) sort d'hibernation !

28 Février 2010 , Rédigé par Ong-Mat Publié dans #Apiculture

Si février n'a ses bourrasques,Tous les mois seront frasques.

On peut dire que nous sommes gâtées, cette année en ce qui concerne les caprices de février. nid-velutinaAujourd'hui, après une nuit très, très venteuse (nous avons eu peur que notre ruche s'envole ou qu'une branche d'arbre vienne la frapper et la renverse) nous avons eu droit, cet après-midi, à une giboulée de grêlons. Le vent n'ayant pas cessé, nous n'avons pas pu sortir comme nos cousines les bourdons (Bombus) qui, plus lourdes que nous, pointent déjà leurs ailes dehors, les veinardes ! Je parle d'elles au féminin car contrairement à l'idée répandue chez vous autres humains les bourdons ne sont pas les mâles des abeilles. Mais une autre espèce d'apinae.

aire-Vespa-velutinaCela me fait penser que c'est l'époque pour piéger Vespa Velutina (dit le Frelon asiatique) notre nouvel ennemi. En plus c'est VOTRE responsabilité à vous les humains qui avez introduit imprudemment ce prédateur dans notre écosystème de nous protéger. Car nous le savons bien, nous les abeilles, que vous avez importé des jeunes femelles de Vespa Velutina en provenance d'Asie dans des jarres et, que d'un port de l'Atlantique, elles ont essaimé dans de nombreux départements français ne rencontrant aucun prédateur véritablement sérieux.

Idéalement c'est maintenant, à la fin de l'hiver et au début du printemps, qu'il faudrait que vous repériez les nids de l'an passé avant que les arbres aient mis leurs feuilles. Les apiculteurs dont les ruchers sont proches de nids détectés (où dans des régions réputées infectées) doivent capturer «les fondatrices» qui sont les seules survivantes de l'an passé. En effet, dès le mois de septembre les jeunes reines ont quitté le nid pour hiberner durant la mauvaise saison dans un endroit abrité. Elles ont accumulé des réserves durant l'été sous forme de «graisse» et ont, ainsi, pu survivre en restant en léthargie.

Solitaires, les jeunes femelles vont maintenant devoir trouver de la nourriture liquide, commencer à bâtir un nid,vespa pondre un œuf, puis deux . . . chasser pour nourrir les jeunes larves qui sont elles friandes de protéines animales (C'est à dire de NOUS les apis) jusqu'à ce que la colonie soit suffisamment développée pour que les ouvrières prennent totalement en charge la survie du groupe.

Détruire ces jeunes reines puis les ouvrières fera donc baisser la pression de ce prédateur sur nos colonies.

Le piégeage se fait avec un procédé très simple à base de bière brune (ou de jus de cirier), les frelons adultes ne se nourrissant que de nectar ou de fruits murs. Du fait de leur morphologie (taille de guêpe oblige) toute nourriture consistante leur est impossible.


Il faut faire attention à la confection du piège, car on risque d'attraper d'autres insectes utiles à la pollinisation qui sont également attirés par la bière.

Nous vous proposons le piège préconisé par les organismes apicoles.

* * * * * * *

Pour plus d'information consultez le site de l'INPN

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jlv 02/03/2010 09:38


c'est un peu compliqué d'intervenir directement sur une espèce sans faire de dégats collatéraux, cependant, je pense que ce type d'action doit se faire de façon massive et courte....durant quelques
années....sinon c'est voué à l'échec....comment sont organisés les apiculteur du sud-ouest...?


Ong-Mat 02/03/2010 13:39


Les apiculteurs aidés de chercheurs indépendants ont fait leur possible dans la mesure de leur seuls moyens car pour ce qui est de l'administration …
Le GROS problème est purement pécunière : Que peuvent faire de petits apiculteurs contre les monstres financiers et juridiques de l'agrochimie ?
Car il est très difficile de qualifier et de quantifier le travail des pollinisateurs face aux "bienfaits" des cultivars génétiquement modifiés.
C'est toute une révolution "idéologique" qui doit se mettre en place et qui doit concerner non seulement les apiculteurs mais aussi les cultivateurs (céréaliers, fruitiers …) en passant par les
éleveurs, les protecteurs de la nature, même les chasseurs (car le gibier est également concerné) et les consommateurs.
Cela fait beaucoup de monde à soulever pour défendre de modestes insectes car il ne fut surtout pas oublier les autres abeilles dites sauvages, les bourdons, les papillons etc …



Quentin Rome 01/03/2010 19:26


Bonsoir,

Le jus de cirier est le jus obtenu lorsque les apiculteurs font fondre la vieille cire pour la récupérer. Ce jus est ensuite additionné d'un peu de miel (si besoin) et mis dans un récipient
hermétique pour fermenter légèrement avant d'être utilisé comme appât.

Bonne soirée


Ong-Mat 01/03/2010 20:16


Merci pour toutes ces informations partagées.

Bonne soirée


Monica15 01/03/2010 19:19


merci de prendre des nouvelles  de la bretagne
 la vieille armorique est solide  , les falaises nous protéges et les rochers coupet le ressac sur nos côtes

les insectes sont sortis   annonce   de printemps  , mais gare aux giboulées  de mars  loll
 bonne  soirée


Quentin Rome 01/03/2010 15:49


Bonjour,

Je travaille au Muséum National d'Histoire Naturelle sur l'invasion de ce frelon asiatique. J'ai quelques petites remarques à vous faire.

Premièrement, les bourdons ne sont pas des Apis, mais des Bombus. Mais ils font aussi partis de la sous-famille des Apinae et c'est la seule autre "abeille" (au sens large = Apidae) qui est sociale
chez nous.

Deuxième remarque, je préférerais que vous mettiez le lien vers la carte de l'INPN plutôt qu'elle n'apparaisse comme ça sans copyright (ou si vous préférez vraiment, rajoutez (C) MNHN / INPN 2010
).

Troisième remarque. Le piégeage des femelles fondatrices est inefficace. Ceci est connu depuis de très nombreuses années pour d'autres invasions de guêpes (à forte population) dans d'autres pays.
Et nous l'avons vérifié cette année avec Vespa velutina. En effet, chaque nid produit plusieurs centaines de futures femelles fondatrices, elles ne seront pas toutes fécondées et la cause
principale de mortalité n'est pas le piégeage mais la compétition qui s'installe entre ces femelles pour les sites de nidification (proche de 99% de mortalité). Donc le piégeage des fondatrice,
c'est comme donner un coup d'épée dans l'eau.

Donc pour le moment, il faut éviter ce type de piégeage (qui n'est de plus pas sélectif et a un impact non négligeable sur la biodiversité, il y a un impact de la capture même si l'insecte réussit
à s'échapper). La seule chose à faire pour limiter la progression du frelon actuellement, est de détruire les nids (proprement) le plus tôt possible (d'août à fin novembre). Pour que les
apiculteurs protègent leurs ruchers, ils peuvent mettre en place des pièges (à ouvrières cette fois), qui aient une sélection physique (le vôtre me paraît bien), avec comme appât du jus de cirier.
Mais ces pièges ne sont à utiliser qu'à proximité des ruchers et uniquement quand celui-ci est attaqué par Vespa velutina.

J'espère que vous me comprendrez.
Si vous avez des questions, vous pouvez me contacter.
Bien cordialement,
Quentin Rome
— —
Museum National d'Histoire Naturelle
Entomologie CP50
45 rue Buffon, 75005 Paris (France)

e-mail : vespa@mnhn.fr

http://inpn.mnhn.fr/isb/servlet/ISBServlet?action=Espece&typeAction=10&pageReturn=ficheEspeceDescription.jsp&numero_taxon=433589


Ong-Mat 01/03/2010 16:49


Bonjour

Ravie de toutes vos remarques.

Mes doigts sont allés plus vite : Les bourdons sont effectivement des "bombus" famille des apinae

J'ai mis le lien de la carte avec le site INPN

Pour le piègeage je vais effectuer une rectification concernant l'emplacement des pièges.
Puis-je vous demander ce qu'est "le jus de cirier".

Espérant avoir d'autres possibilités d'échanges je vous remercie encore d'avoir pris la peine de rectifier mes commentaires.

Bonne fin de journée