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Le blog de Ong-Mat

Viscum Album dit le Gui des feuillus ...

13 Mars 2015 , Rédigé par Ong-Mat Publié dans #Fleurs Mellifères ou Nectarifères

Coupez le gui ! Coupez le houx !
Feuillage vert, feuillage roux,
Mariez leurs branches ;
Perles rouges et perles blanches,
Coupez le gui ! Coupez le houx !
C’est la Noël, fleurissez vous !

Charles Frémine

Cette comptine qui mêle Gui et Houx associe, en fait, les croyances de nos ancêtres celtes qui attribuaient au Gui des propriétés miraculeuses (immortalité, prospérité, guérison ...) et la religion chrétienne qui a essayé de gommer cette tradition païenne en remplaçant le Gui par le Houx dont les boules rouges et les feuilles dentelées évoquent d'une part le sang du Christ et d'autre part sa couronne d'épines. 
De même, la coutume d'échanger un baiser en signe d'amitié ou d'amour sous une branche de Gui provient très certainement de nos aïeux gaulois. Il était, en effet, d'usage lorsque des ennemis se croisaient sous une branche de Gui de déposer les armes et d'observer une trêve jusqu'au lendemain. 

Mais aujourd'hui nous ne parlerons pas de ces petites boules blanchâtres suspendues dans l'entrée de nos demeures à la Saint Sylvestre, mais des fleurs beaucoup plus modestes de notre plante parasite : A savoir le "Viscum Album". Hé oui c'est son nom scientifique !

Photo de veaugues.over-blog.com

Le gui est une plante dioïque, c'est à dire que les fleurs mâles et femelles sont portées sur des touffes différentes se développant sur le même arbre; Les fleurs, déjà formées à l'automne, passent l'hiver fermées et s'ouvrent aux premiers rayons du soleil vers la  fin février. Toutes les fleurs produisent un nectar qui attire les insectes pollinisateurs dont nos avettes mais seules les fleurs mâles émettent du pollen. Du fait de sa floraison très précoce, le Gui constitue un apport en nourriture fraîche très utile pour la reprise du couvain alors même qu'il existe peu d'autres sources de provende à cette période de l'année.

Fleur MâleFleur Mâle à étamines :

Les fleurs mâles comportent quatre tépales qui portent les anthères sans filet. À la floraison, elles laissent apparaître le pollen sur leur face interne.

Fleur Femelle à pistil :

Les fleurs femelles comportent quatre tépales surmontant un ovaire infère soudé au réceptacle. Elles sont déjà formées en automne et passent l'hiver fermées ; elles s'ouvrent aux premiers rayons de soleil du printemps

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L'Ajonc au divin sourire d'or ...

9 Mars 2015 , Rédigé par Ong-Mat Publié dans #Fleurs Mellifères ou Nectarifères

Les ajoncs éclatants, parure du granit
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume

Au loin, brillante encore par sa barre d'écume
La mer sans fin commence ou la terre finit ...

José Maria de Heredia

 

L'Ajonc (Ulex Europaeus) est un arbuste buissonnant dont la taille adulte varie de 1 à 2 mètres. Ses branches sont hérissées d'épines de 2 à 5 cm formant un ensemble très touffu. Ses petites feuilles alternées en écailles sont également très piquantes.

La floraison, très parfumée, débute en février et se poursuit jusqu'en juin où elle atteint son pic d'intensité. Les fleurs, jaune d'or, sont solitaires mais très nombreuses sur les rameaux. Du fait de l'abondance et la durée de sa floraison, l'Ajonc est une fleur très intéressante pour nos abeilles qui y récoltent non seulement du nectar mais du pollen en grande quantité. 

Savez-vous que le processus de pollinisation de l'Ajonc, appelé "Gâchette", est assez difficile.
Imaginez : L'insecte (peut être notre abeille) se pose sur les deux pétales inférieurs (la carène) de la fleur d'ajonc et force l'entrée étroite afin d'atteindre la base des étamines où se trouvent les nectaires. Se faisant, son poids (même modeste) fait plier la carène provoquant l'explosion des étamines qui libèrent leur pollen qui se colle à notre avette. Parallèlement, le ventre de l'insecte entre en contact avec le stigmate et le met à nu, l'exposant ainsi, lors du passage d'un autre pollinisateur, à la réception du pollen d'une autre fleur. Fascinant isn't it ?

L'Ajonc si familier à nos amis bretons est considéré comme une espèce invasive en Amérique, en Australie, à la Réunion etc ... comme quoi les invasions ne sont pas à sens unique.

 

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